1. La Maladie

L’arthrose est une affection évolutive douloureuse, chronique et irréversible qui touche les articulations. Le rôle d’une articulation est de permettre la mobilité entre deux os. Pour les protéger de l’usure et les aider à coulisser sans à-coups, les surfaces osseuses sont recouvertes d’une couche protectrice élastique et très résistante : le cartilage. Avec le temps ou à la suite d’exercices intensifs et prolongés, ce cartilage protecteur se dégrade progressivement, entrainant douleur et difficultés à faire bouger les articulations atteintes : c’est l’arthrose. Les lésions résultent d’un processus mécanique et biologique complexe dont le point de départ est un déséquilibre du fonctionnement du chondrocyte. Le chondrocyte est la cellule pivot du cartilage articulaire. Selon son environnement, il peut fonctionner en mode anabolique (construction) ou en mode catabolique (destruction).

L’Arthrose est la première cause de réforme chez le cheval sportif.

A. La Cause

La vie du cartilage repose en grande partie sur l’activité des chondrocytes et se compose d’une succession de phases de destruction consécutives au travail de l’articulation, et de phases de reconstruction. Tant qu’il existe un équilibre au niveau du chondrocyte et que le cartilage dégradé a le temps de se reconstruire, il reste sain et fonctionnel. L’arthrose s’installe quand les destructions deviennent trop importantes pour être compensées ; c’est en particulier le cas des articulations qui sont sollicitées de façon très importante (efforts sportifs…), mais c’est aussi le résultat du vieillissement.

B. Le conséquence sur l’organisme 

En début d’évolution de l’ Arthrose, le cartilage est désorganisé. Des fissures apparaissent à sa surface et se transforment peu à peu en profondes crevasses. Pendant cette phase de fissuration, il arrive que de petits morceaux de cartilage se détachent et soient libérés dans le liquide synovial de l’articulation; ils forment alors des corps étrangers ou des grains de sable, très irritants pour la surface articulaire. Par ailleurs, l’élargissement progressif des crevasses provoque l’amincissement puis, par endroits, la disparition complète du cartilage. L’os est alors exposé aux frottements : c’est ce qui est à l’origine de la douleur. On remarque souvent également que les processus de reconstruction s’emballent au niveau des bords articulaires, qui se mettent à « bourgeonner » : c’est ainsi que se forment les ostéophytes(ou « becs de perroquet »).

2. Les signes d’alerte / Les Symptômes 

En fonction de la sévérité des lésions, les symptômes des chevaux atteints d’ Arthrose peuvent se manifester de façon variée : simple chaleur localisée, œdème de la région atteinte ou de tout le membre, gonflement articulaire jusqu’à la boiterie plus ou moins sévère.

La douleur à la mise en mouvement de l’articulation atteinte est une constante chez les chevaux arthrosiques. Elle a tendance à être plus importante « à froid » c’est à dire au démarrage d’une séance d’exercice et peut s’améliorer après l’échauffement ou en cours d’exercice. Elle s’exprime de façon plus ou moins forte selon les chevaux, et se manifeste souvent par crises successives de durée variable et imprévisible.

Les articulations peuvent être plus ou moins déformées, soit par des ostéophytes (que l’on peut parfois sentir à la palpation comme des masses dures situées sous la peau sur les bord de l’articulation), soit par des épanchements inflammatoires de type « tares molles » ou synovites, au niveau des articulations les plus mobiles (boulet, genou, haut, jarret).

3. Le Diagnostic per le Vétérinaire

Le vétérinaire est généralement appelé car le cheval boite ou manque de souplesse dans ses allures. Après avoir observé attentivement le cheval à l’arrêt et manipulé les membres, le vétérinaire regardera le cheval en mouvement, au pas et au trot, pour identifier la ou les articulations à problème. Les radiographies sont utiles pour aider au diagnostic d’ Arthrose, notamment en ce qui concerne les formes avancées avec remaniements osseux. Lorsque la radiographie ne suffit pas, il est possible d’avoir recours à d’autres examens plus complexes et couteux (IRM – scintigraphies).

A. Les Examens pratiqués 

Après un rapide examen général, le vétérinaire s’intéressera aux membres du cheval et à sa colonne vertébrale. Il palpera l’ensemble des articulations pour constater si elles sont douloureuses ou déformées, puis les fera bouger pour tester leur fonctionnement. Il regardera ensuite le cheval se déplacer aux trois allures, en ligne droite et sur un cercle, et observer à quel moment le cheval est gêné et/ou se met à boiter. Une fois l’ Articulation douloureuse identifiée par observation et confirmation éventuelle par anesthésie locale, il pourra alors faire des radiographies et éventuellement procéder à une échographie.

 B. Les Examens Complémentaires

Pour affiner ou confirmer son diagnostic, votre vétérinaire peut recommander des examens supplémentaires. Ces examens sont particulièrement utiles pour évaluer le stade d’évolution de la maladie et éventuellement l’avenir des chevaux (course et sport):

  • l’échographie : elle permet d’évaluer l’état du cartilage (notamment son épaisseur) sur certaines zones limitées de l’articulation (périphérie)

  • l’arthroscopie : chirurgie sous anesthésie générale, permettant d’explorer en détail l’intérieur de l’articulation grâce à une caméra

  • le scanner, l’IRM ou la scintigraphie : très performants mais aussi très coûteux, ces examens sont surtout destinés aux cas complexes.

4. La Prevention, le traitement et les solutions nutritionnelles

Limiter l’importance des traumatismes sur les articulations est un des multiples moyens visant à retarder l’apparition de l’ Arthrose chez le cheval. La qualité de la ferrure et la conduite des exercices sportifs sur des sols appropriés sont des éléments essentiels.

Le traitement de l’ Arthrose passe avant tout par le soulagement de la douleur au moment des crises et par la gestion du confort articulaire entre les crises.

A. Les grands principes du Traitement

Pour soulager la douleur et traiter l’inflammation, le vétérinaire aura recours à des anti-inflammatoires qui seront administrés par voie générale (injection intraveineuse ou voie orale). Le vétérinaire conseillera aussi l’utilisation de produits destinés à protéger le cartilage. En général, et en fonction du contexte, il pourra conseiller des traitements par série d’injections, à réaliser 1 fois par semaine ou 1 fois par jour, en fonction du médicament choisi.

B. Les solutions nutritionnelles

Votre vétérinaire pourra aussi conseiller la prise quotidienne d’un complément alimentaire naturel contenant des Extraits de Plantes. 

Par exemple Vegeflex.horse (des Laboratoires HERBLUX) est un Supplément Nutritionnel Naturel qui contient : Curcuma Longa, Boswellia Serratat, Yucca Schidigera, Salix Alba des ingrédients intéressants pour les structures articulaires. Ce produit a été spécialement conçu pour le soutien des articulations. N’hésitez pas à demander conseil à votre vétérinaire.

C. Les mesures d’hygiene à suivre

Le rôle du maréchal-ferrant est essentiel chez les chevaux concernés par l’arthrose. La ferrure choisie devra tenir compte à la fois des aplombs, du terrain sur lequel le cheval vit et travaille habituellement, du type d’exercice auquel il est soumis…

Pour limiter les traumatismes articulaires, les sorties se feront de préférence sur un sol souple de bonne qualité. Des périodes d’échauffement doivent être respectées avant l’effort, et le poids devra être surveillé (comme chez les humains, un excès de poids fait souffrir les articulations).